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Société Auguste Vestris - Leonardo, Noverre, Volinine
  Auguste Vestris


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La révolte des accessoires

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Leonardo, Noverre, Volinine
16 juin 2012

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La main et l’œil de Léon Woizikovski (Wojcikowski)

dans Concurrence, 1933.
Cliché publié dans Balletomania, de A.J. Haskell. Victor Gollancz Ltd., Londres, 1934.

Je n’entends point par le mot action, ce qui ne consiste qu’à se remuer, à se donner de la peine, à faire des efforts et à se tourmenter comme un forcené pour sauter ou pour montrer une âme que l’on n’a pas.

L’action en matière de danse est l’art de faire passer, par l’expression vraie de nos mouvements, de nos gestes et de la physionomie, nos sentiments et nos passions dans l’âme des spectateurs.

L’action n’est donc autre chose que la pantomime *.

Tout doit peindre, tout doit parler chez le danseur, chaque geste, chaque attitude, chaque port de bras doit avoir une expression différente. La vraie pantomime en tout genre, suit la nature dans toutes ses nuances.

Je voudrais enfin que l’on cesse de faire des mouvements dans les instants de désespoir et d’accablement. C’est au visage seul de peindre ; c’est aux yeux de parler ; les bras mêmes doivent être immobiles et le danseur, dans ces sortes de scènes, ne sera jamais si excellent que lorsqu’il ne dansera pas.

[* Le terme « pantomime » apparaît pour la première fois en Europe vers 1610, façonné à partir du mot grec pantomimos qui veut dire, littéralement, « celui qui sait tout contrefaire » (panto étant le génitif de pan « tout » + mimos « imitateur »). Ce terme apparaît en anglais vers 1717, dans le sens d’une comédie que l’on joue sans user de la parole. Ndlr]

— Jean-Georges Noverre, « Ce que j’entends par le mot Action », Lettres sur la Danse, Lettre XXII

 


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Le Couronnement de la Vierge

par Fra Angelico, vers 1440. Couvent de Saint-Marc, Florence.

Il nous faisait faire des exercices pour les mains et les bras comme les danseurs indiens. Le bras, disait-il « est une écharpe de soie ». Lorsque le bras est en arabesque, le regard doit se diriger au loin, le long du majeur de la main.

Quant à la main elle-même, il nous conseillait d’étudier les fresques de Fra Angelico dans le cloître San Marco à Florence. Ni le doigt, ni le pouce ne doit jamais « projeter » comme une épine. Ces mains des créatures de Fra Angelico ce sont les mains du danseur.

— Liane Daydé, sur son maître Alexandre Volinine

 


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Détail du Rêve de Constantine

du cycle Légende de la Vraie Croix, par Piero della Francesca, vers 1455. Eglise de Saint-François à Arezzo.
L’Empereur rêve, veillé par un serviteur qui voit loin.

L’œil, grâce auquel se réfléchit la beauté de l’univers chez ceux qui le contemplent, est d’une telle excellence que celui qui le perd se trouve privé de la représentation de toutes les œuvres de la nature, dont la vision fait que l’âme se contente de la prison humaine, au moyen des yeux au travers desquels cette âme se figure toutes les choses si diverses de la nature. Mais celui qui le perd voit son âme croupir dans une prison obscure où s’évanouit tout espoir de revoir le soleil, cette lumière du monde.

Et combien nombreux sont-ils ceux pour qui l’obscurité nocturne est odieuse, aussi brève fût-elle ! Que feraient-ils alors, si l’obscurité devenait la compagne de toute une vie ? Il est certain qu’il n’y a personne qui ne préférât perdre l’ouïe et l’odorat plutôt que l’œil ; même si la perte de l’ouïe entraîne celle de toutes les sciences fixées par la parole, il la [perdrait volontiers] pour ne pas se priver des beautés du monde, laquelle consiste en la surface des corps tant contrefaits que naturels, lesquels sont reflétés dans l’œil humain.

— Leonardo da Vinci, Traité de la Peinture, article 20 : Dell’Occhio