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CRC - L’adage dans le cours de Lioubov Egorova
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Ad agio : l’aisance dans les grands temps d’adage

L’adage dans le cours de Lioubov Egorova

25 mars 2018

Vu par Ethéry Pagava

Madame Egorova parlait peu pendant le cours, de sorte que nous étions suspendus à chaque mot. Assise sur le tabouret blanc, elle montrait avec ses mains. Son rapport avec le pianiste était très différent des autres professeurs, qui montrent d’abord les pas puis s’attendent à ce que le pianiste invente sur ces pas. Avec Egorova, c’était le contraire (….) Avant de montrer l’adage, elle demandait au pianiste de jouer. Elle écoutait, les yeux fermés, plongée dans ces harmonies dont elle tirait son inspiration. Elle commençait alors à inventer, à montrer avec les mains, puis se levait et terminait de montrer l’adage debout.

L’adage au milieu c’était tout de suite après la barre, splendide, très long, surtout très lyrique et qu’il fallait mémoriser. L’adage était répété quatre fois – deux fois à gauche, deux fois à droite. On y travaillait aussi beaucoup en relevé car c’est la « preuve » que l’axe du corps est bien tenu.

Parfois elle reprenait un adage qu’elle avait donné une ou deux semaines auparavant et dont il fallait pouvoir se souvenir ! Ainsi elle nous obligeait à ne jamais s’enliser dans une routine, car elle pensait déjà à la mise en condition pour la scène. L’écoute de la musique était sa priorité, afin que nous exprimions non seulement le rythme et la mélodie mais aussi l’émotion suscitée.

Ces enchaînements longs habituaient le corps à mémoriser, à danser tout simplement. Madame Egorova nous donnait les bases, mais elle nous conviait à danser.

Source : http://www.augustevestris.fr/article131.html

Vu par Pierre Lacotte

Fermant les yeux en écoutant la musique, elle composait des enchaînements de pas qui étaient de vrais petits chefs-d’œuvre ! Groupés autour d’elle, nous apprenions cet enchaînement qu’elle nous montrait avec ses mains, puis elle se levait et nous indiquait l’enchaînement complet avec les épaulements et l’ornement des bras auxquels elle attachait beaucoup d’importance.

Il y avait toujours un thème que nous devions exprimer. Danser prenait avec elle un sens extraordinaire !

Après les exercices à la barre, l’adage qu’elle réglait devait nous donner l’occasion de raconter une histoire, celle-ci étant renouvelée à chaque cours. Un jour nous étions un prisonnier délivré et venions dire notre reconnaissance à notre libérateur. Un autre, nous demandions à une personne aimée que nous avions trahie de bien vouloir nous pardonner. Nos joies, nos peines, tout devait pouvoir être exprimé par la danse.

Source : http://www.augustevestris.fr/article178.html